Prologue

Prologue
"L'auteur de ce journal et le journal lui-même appartiennent évidemment au domaine de la fiction. Et pourtant, si l'on considère les circonstances sous l'action desquelles s'est formée notre société, il apparaît qu'il peut, qu'il doit exister parmi nous des êtres semblables à l' auteur de ce journal.

J'ai voulu montrer au public, en en soulignant quelque peu les traits, un des personnages de l'époque qui vient de s'écouler, un des représentants de la génération qui s'éteint actuellement.

Dans le premier fragment intitulé Le Sous-Sol, le personnage se présente au lecteur, il expose ses idées et semble vouloir expliquer les causes qui l'ont fait naître dans notre société. Dans le second fragment, il relate certains événements de son existence.
"

Fedor Dostoïveski, le Sous-Sol

# Posted on Friday, 29 April 2005 at 4:37 AM

Edited on Sunday, 29 April 2007 at 4:56 AM

Les présentations s'imposent

Les présentations s'imposent
Je m'appelle Patrick Bateman, j'ai 26 ans et je suis vice président de Pierce & Pierce ou j'officie à New York, aux USA. Je n'ai pas vraiment besoin de travailler, mais je ne suis pas un putain hippie, je tiens à m'intégrer au monde d'aujourd'hui, à vibrer avec cette folie ambiante. J'ai accompli mon cycle "undergraduate" à Harvard et mon Master à la Harvard Business School, pas exactement une école de bouseux.

On me qualifie souvent de Yuppies -l'opposé d'un hippie en quelque sorte- ce que je prend pour un compliment. Contrairement à certains de mes collegues incapables de gérer leurs stress, je suis très satisfait de mon mode de vie et de mon travail, même si parfois, avouons le, je me lasse et suis submergé de pensées sombres, radicales et pas réellement intélligibles -elles n'ont de sens que pour moi-. Je suis un pésimiste. Déjà tout petit, quand on me disait qu'il n'y avait pas deux flocons de neige exactement semblables, je n'y croyais pas. Il ne fait pour moi aucun doute que les êtres humains sont très semblables, sinon identiques, les uns aux autres.

Ma conscience aigue de la vacuité de l'existence me conduit régulièrement à franchir la barrière de la morale -et de la légalité- pour approcher les ultimes retranchements de l'humain, au dela des biais introduis par la vie en société, de les voir se tordrent de douleur, bouger par sacades leurs têtes aux yeux révulsés, regarder leurs corps mutilés et en morceaux. Résumés à des pièces de viandes mues par réflexes. Je m'en etonne toujours mais il faudrait me résigner, c'est la Mathématique, l'homme est une abstraction qui n'a pas de sens, du néant.

Je m'attaque plutot à des marginaux -personne ne se soucie d'eux- mais pas seulement. Il n'y a pas besoin d'être pauvre pour que personne ne fasse attention à vous, la plupart de mes amis me confondent avec d'autres personnes travaillant à Wall Street.

Je sais, vous vous dites que je suis un type épatant, vous m'admirez. Je vous comprends. Je suis un des personnages fictions les mieux concus de ces dernières années. Après l'immense succés du livre dont je suis le héros -American Psycho-, un long métrage m'a été consacré (voir la bande annonce), ou Christian Bale interpréte un Patrick Bateman de qualité à la fois impulsif et froid. Mon frêre Sean Bateman a aussi eu son petit succés avec son livre "les lois de l'attraction" qui a eu également droit à une adaptation au grand ecran.

# Posted on Monday, 02 May 2005 at 6:40 AM

Edited on Wednesday, 29 August 2007 at 4:16 PM

Confession d'un homme dangereux

Confession d'un homme dangereux
" Il existe une idée de Patrick Bateman, une espèce d' abstraction, mais il n' existe pas de moi réel, juste une entité, une chose illusoire et, bien que je puisse dissimuler mon regard glacé, mon regard fixe, bien que vous puissiez me serrer la main et sentir une chair qui étreint la vôtre, et peut-être même considérer que nous avons des styles de vie comparables, je ne suis tout simplement pas là. Signifier quelque chose : voilà ce qui est difficile pour moi, à quelque niveau que ce soit. Je suis un moi-même préfabriqué, je suis une aberration. Un être non-contingent. Ma personnalité est une ébauche informe, mon opiniâtre absence de coeur. Il y a longtemps que la conscience, la pitié, l'espoir m'ont quitté (à Harvard, probablement), s'ils ont jamais existé. Je n' ai plus de barrière à sauter. Tout ce qui me relie à la folie, à l' incontrôlable, au vice, au mal, toutes les violences commises dans la plus totale indifférence, tout cela est à présent loin derrière moi. Il me reste une seule, une sombre vérité : personne n'est à l'abri de rien, et rien n'est racheté. Je suis innocent, pourtant. Chaque type d'être humain doit bien avoir une certaine valeur. Le mal, est-ce une chose que l'on est ? Ou bien est-ce quelque chose que l'on fait ? Ma douleur est constante, aiguë, je n'ai plus d'espoir en un monde meilleur. En réalité, je veux que ma douleur rejaillisse sur les autres. Je veux que personne n'y échappe. Mais une fois ceci avoué - ce que j'ai fait des milliers de fois, presque à chaque crime -, une fois face à face avec cette vérité, aucune rédemption pour moi. Aucune connaissance plus profonde de moi-même, aucune compréhension nouvelle à tirer de cet aveu.

Je n'avais aucune raison de vous raconter tout cela. Cette confession ne veut rien dire ...
"

# Posted on Wednesday, 04 May 2005 at 2:40 PM

Edited on Sunday, 29 April 2007 at 4:55 AM

Blog et pathos

Blog et pathos
On dirait que la plupart des blogs sont fait pour être lu par des gens qui pensent exactement pareil que leurs auteurs. Il n'y a virtuellement aucun échange. Non content d'être subjectif, les blogs sont le plus souvent médiocre, à l'image de leurs auteurs. Un improbable agrégat d'images marrantes, de photos ratées, de mauvais poèmes et de remarques d'une banalité affligéante: "l'amour fait souffrir", "le racisme c'est pas bien". Le tout en se prenant grave au sérieux. Qu'un Quant de chez JP Morgan se prenne au sérieux, passe encore. Mais qu'une putain de salope de 13 ans en 4 ème techno nous raconte son dépucelage au "camping du sourire" l'été dernier, y a pas moyen. Et ne parlons même pas des ces fichus racailles.

Pourquoi ce gachi de temps, de bande passante, d'espace disque sur les serveurs ? Je pense qu'il faut voir le blog, comme une tentative de rationalisation moderne de l'existence, un peu comme un journal intime l'etait autrefois. Car aujourd'hui,communiquer est censé être une reponse rationnel à tous les maux de l'individu et de la société.


L'ordre moral aujourd'hui, c'est la transparence. Alors dés qu'il s'agit de s'affirmer, il faut necessairement le faire savoir. Les gens silencieux sont pires que les nazis. D'ailleurs c'est chose connu que les electeurs du FN avouent rarement leurs intentions de vote aux sondeurs. Quand on ne dit pas quelque chose, c'est necessairement quelque chose de honteux. Attitude d'autant plus incompréhensible, que certains sont prêt à payer pour avoir votre point de vu, par exemple les partenaires commerciaux de Ciao, qui m'ont proposé 2.5 Euros pour savoir quelle marque de rasoir me semblait la plus fiable ou la plus "viril" (sic).

Cette transparence ne produit rien de bon, j'en ai la conviction. Tout devenant "publique", la surface (ce qui est visible) croit au détriment du fond . Notre société sape constamment l'identité des individus. Le phénomène blog est à ce titre révélateur du nihilisme ambiant, les gens se mutilent eux même, et ca les amuse. Car il ne s'agit pas d'envisager le devenir sans s'attarder sur le passé comme dans la conception antique du sujet, il n'est question aujourd'hui que de détruire les fondements de l'identité, tout en disant qu'il n'est pas réellement possible de changer. Cette position n'est tout simplement pas tenable.

# Posted on Saturday, 07 May 2005 at 7:59 AM

Edited on Wednesday, 29 August 2007 at 4:19 PM

Les automobiles

Les automobiles
Un manager passe beaucoup de son temps en déplacement, c'est un fait.

























Quitte à perdre du temps dans les embouteillages, autant le faire dans des conditions agréables et si vous êtes pressé, mieux avoir la cavalerie nécessaire sous le pied! J'entends dire ici ou là que toutes les voitures se ressemblent. Ah bon. Parce qu'une Fiat, ça vaut une Jag par hasard? Comment concilier puissance, sobriété et confort? En se dirigeant vers les marques allemandes bien sur! Je veux parler du fameux trio Mercedes/BMW/Audi. Porsche est une marque tout à fait respectable mais je parle ici des voitures de tous les jours.

La pureté du style, la puissance des galbes, ces automobiles dégagent un exaltant parfum mêlant sérénité et sobriété. Dès lors, comment faire son choix parmi ces dignes représentantes de l'excellence germanique?

Commençons par BMW. Jusqu'à un passé récent, j'avais une petite faiblesse pour les bolides munichois, mais cette marque ô combien respectable a été récupérée par les racailles des cités, vous savez ces "jeunes" qui vivent du RMI. Même si le style BMW est vraiment au top, il est hors de question que je m'affiche au volant d'un cabriolet M3 : on me prendrait pour un dealer de shit! C'est bien à regret que je me vois dans l'obligation de boycotter BM et j'espère sincèrement que cette mode des racailles va évoluer et qu'on va les coffrer vite fait.

Venons-en au cas intéressant de Mercedes. Alors que le rachat de Chrysler par Daimler-Benz n'est toujours pas digéré (bonjour la dégringolade du cours de Bourse!), la marque allemande a du mal à se renouveler. Certes, les nouveaux modèles sont magnifiques mais le style a du mal à évoluer : les ressources de l'entreprise sont accaparées par Chrysler qui souffre beaucoup. Malgré tout, qui ne rêve pas de cruiser le long de Palm Beach au volant de son roadster SL600? Si Mercedes me plait beaucoup, je dois avouer que pour le moment, je préfère acheter ailleurs : je pense que cela vient du fait que mon père roule en Classe ML500 et que par rébellion et rejet du modèle paternel (c'est Freud qui parle), je m'oriente vers Audi.

Oui ça y est, je l'ai dit, la marque du manager moderne, c'est Audi. Je suis descendu en Floride avec un client dans son RS6, ça arrache! On a mis à peine 5 heures, autant dire que notre vitesse moyenne reste inavouable. C'était vraiment grisant. Depuis quelques mois, je suis l'heureux propriétaire d'une sublime TT 1.8T 225 Quattro. Hé oui, un petit moteur de 1,8 litres seulement. Mais quel moteur! Avec mes 4 roues motrices, je grille une Boxster facilement. De toutes façons, ce n'est pas pour moi une voiture de course (ce qui ne veut pas dire que je compte m'en tenir aux vitesses de papy grabataire asthmatique autorisés). Cette merveille, héritière du fameux style Bauhaus allemand d'avant guère est l'essence même ce que j'aime : la sobriété, l'efficacité et la puissance.

# Posted on Tuesday, 24 May 2005 at 6:26 AM

Edited on Thursday, 26 May 2005 at 10:28 AM